Des nuisances sonores devenues « invivables »
À l’approche de la rentrée scolaire, le « Chocolat des filles » s’est d’abord attaqué aux nuisances sonores dans les quartiers populaires. Il pointe du doigt les débits de boissons installés à proximité des habitations et des établissements scolaires, mais également certains lieux de culte dont les activités nocturnes perturberaient, selon lui, le sommeil des riverains.
« À côté du désordre des églises, il y a le vacarme causé par les débits de boissons, c’est invivable. Là, la rentrée s’approche. Les bars qui sont à proximité des maisons et qui n’ont pas de politique d’insonorisation, les églises qui sont à proximité des maisons avec des veillées de prière qui ne cessent jamais… Ce n’est pas possible », dénonce-t-il. Son interpellation ne vise pas uniquement les églises de réveil. Il cite également les mosquées ainsi que les temples liés aux cultes traditionnels, estimant que les mêmes règles de tranquillité publique devraient s’appliquer à tous.
« À quand la régularisation de ce secteur ? »
Mais c’est surtout la multiplication des églises de réveil qui concentre ses critiques. Connu pour ses prises de position contre certaines pratiques de responsables religieux, Bienvenue Nziengui Ntoutoume estime que l’État devrait davantage encadrer l’ouverture et le fonctionnement des lieux de culte.
« Aucun président n’a jamais osé fermer les églises illégales qui gangrènent notre pays. […] Vous connaissez le désordre qu’il y a dans les églises de réveil à Port-Gentil, à Libreville, à Franceville, à Moanda, à Makokou, partout. Les prophètes qui poussent par-ci, par-là font tout un désordre », affirme-t-il.
Des propos particulièrement sévères qui relèvent de l’appréciation de leur auteur. Ils ne sauraient être étendus à l’ensemble des églises de réveil ou des responsables religieux, les accusations de pratiques illégales devant être établies au cas par cas par les autorités compétentes.
Oligui Nguema directement interpellé
Dans sa vidéo de plus de cinq minutes, le « Chocolat des filles » assume par ailleurs son soutien au chef de l’État, tout en estimant que celui-ci ne doit pas l’empêcher de critiquer certaines situations. « Excellence, nous, on vous soutient. Quand c’est bon, on dit que c’est bon. Mais quand ce n’est pas bon, nous allons vous dire : Excellence, ce n’est pas bon », lance-t-il.
Il salue notamment certaines opérations visant à libérer les trottoirs et à désengorger Libreville, avant de demander au président de faire preuve de la même fermeté concernant les lieux de culte qu’il considère comme illégaux ou sources de nuisances. « À quand la régularisation de ce secteur ? […] Ce secteur doit être régularisé parce qu’on ne peut pas construire ce pays avec ce désordre », insiste-t-il.
Une « police anti-sectes » pour faire le ménage
Pour aller plus loin, Bienvenue Nziengui Ntoutoume propose finalement la création d’une unité spécialisée. Celle-ci aurait, dans son esprit, pour mission de contrôler les structures religieuses, de lutter contre les pratiques sectaires présumées et de faire respecter la réglementation. « Prenez des mesures rapides parce que tout ce qui se passe dans ce secteur, Monsieur le Président, c’est invivable. […] Créez une police anti-sectes pour nettoyer ce secteur », demande-t-il.
Cette proposition intervient dans un contexte où la prolifération des lieux de culte, leur conformité administrative et les nuisances sonores qu’ils peuvent occasionner alimentent régulièrement les débats au Gabon. Reste désormais à savoir si cette interpellation trouvera un écho auprès des pouvoirs publics et si un renforcement des contrôles sera envisagé.