« J’entendais sans cesse que la cuisine africaine était trop grasse, trop épicée. Je voulais montrer que ce n’étaient que des préjugés, que notre cuisine est noble. Nous proposions, bien avant la tendance, des recettes vegan et végétariennes. Et de nombreux produits de base, comme le mil, le fonio et le sorgho, sont des “smart food”, des aliments bons pour la santé, pour la planète et pour les producteurs, car très rentables avec peu d’eau », argumente-t-elle.

L’afrofusion, « une tendance marketing »

Pourtant, rien ni personne n’a poussé Antompindi Cocagne à prendre ce poste d’ambassadrice. Surtout pas son père, ingénieur des Mines. « Il voyait la cuisine comme une voie de garage pour ceux qui étaient en échec scolaire », raconte-t-elle. C’est sa mère qui a plaidé pour elle, convaincue qu’elle pourrait « finir, au pire, cuisinière à la présidence ». « A 14 ans, je vendais des pâtisseries dans mon école et pour des mariages. On m’appelait “maman gâteau” ! »

A 20 ans, elle s’envole pour Grenoble, en France, pour suivre un BTS à l’école hôtelière Lesdiguières. Puis, à Paris, elle se forme à la gastronomie française à la prestigieuse école Ferrandi. Ses classes, elle les fait auprès de chefs renommés tels qu’Alain Hascoët à l’InterContinental Carlton de Cannes, Eric Pras à l’hôtel Souleias de La Croix-Valmer, ou encore auprès de grands traiteurs comme Potel & Chabot et Lenôtre.

Avec Lemonde