Histoire du Rap Gabonais
Expression musicale d’une certaine frange de la jeunesse, le hip hop fait ses débuts aux Etats-Unis vers la fin des années 70. Cette musique est née dans les ghettos noirs américains à l’époque des BLACK PANTHERS.
En 1979, « RAPPER’S DELIGHT » de SUGARHILL GANG devient le premier tube RAP dans le monde.Au début des années 80, le mouvement prend son envol avec de grands rassemblements « BLOCK PARTY » où s’affrontent danseurs, grapheurs, DJ et MC. Des stars commencent à naître comme les RUN DMC, GRANDMASTER FLASH ou AFRIKA BAMBAATAA et la « ZULU NATION » se forme et le mouvement arrive jusqu’au Gabon. A cette époque, le style musical est une fusion de funk et de sons électronique que venaient compléter des basses très graves et volontairement très audibles, à cette époque la culture de l’échantillonnage (sample) hante déjà les déjà les tubes de James Brown et le Dj est un personnage incontournable qui enrichit chaque performances de scratches.
Le RAP devient en quelques années, le symbole de l’anti-langue de bois, de la HAVANE à ALGER en passant par TOKYO, JOHANNESBURG, DAKAR, LIBREVILLE ou YAOUNDE et surtout en FRANCE, MONTREAL et les USA. Il s’est répandu et s’est imposé comme le verbe d’une génération souvent défavorisée en quête de repères et d’idéal.
NAISSANCE DU RAP AU GABON
L’arrivée de SYDNEY (danseur de Break franco-camerounais, DJ et pionnier de la culture hip hop en France) reste l’événement catalyseur de la naissance du hip hop au Gabon.
Officiellement le rap naît en 1990 au Gabon, c’est l’époque des concours de rap au Cabaret des Artistes et dans les établissements secondaires de la capitale. Le CREW V2A4 (VIS TOUT ET FORT) sortira le célèbre titre « REVOLUTION » lequel fustige les dictatures africaines. Il s’agit du premier disque officiel du rap gabonais. C’est le début officiel du rap gabonais du point de vue du business. Respect à KLAUS leader du groupe.
Après la conférence nationale en 1990, le paysage audiovisuel va également élargir son champ. De nombreuses stations de radio FM voient le jour et les Home studio poussent comme des champignons dans les quartiers populaires de Libreville, les plus célèbres étant celui de Stowell Dipakwet à Louis, celui de Georges Kamgoua au Carrefour Sobraga, celui de Marcel Djabio à Belle-vue et celui de Jean-Yves Messan à Likouala.
De plus en plus de jeunes se prennent au jeu, tous les ingrédients sont alors réunis pour vulgariser cette musique née dans les ghettos noirs américains. En 1991, AFRICA N°1 fait la promotion du rap gabonais par le canal de l’émission LES RAPPEURS DE LA COTE OUEST (une émission animée par ARCADE MBANANGOYE alors animateur vedette sur la station africaine.)
A cette époque Libreville compte déjà quelques groupes de rap, de ragga et de danse: CRIMINAL M.C, SIYA POSSI X, NWRMC de Mysterio, FROISSE, POLOKO FORCE, CONSCIENCE NOIRE, CAMPOS SANTOS, COOL-AND C DE SANTA BARBARA, BOYS OF POWER, SATAN MC, RAMBO, LRAC, S-ONE, etc. Une scène certaine jeune mais déjà très active qui envahira progressivement le Cabaret des artistes et les ondes. L’émission va jouer un rôle prépondérant dans l’émergence du hip hop au Gabon. Toujours dans le courant de l’année, le rap gabonais va gagner ses premières lettres de noblesse avec le concours national de rap organisé par la « JAH OBSERVER » (Une association d’aide aux jeunes créateurs) et soutenu par le Centre Culturel Français Saint-Exupéry. Le groupe POLOKO FORCE est primé. Les années suivantes voient successivement le couronnement de CAMPOS SANTOS, et du groupe SIYA POSSI X. Désormais considéré à sa juste valeur, le rap trouve une place de choix dans les programmes des médias locaux :HIT PARADE MARLBORO sur Africa n°1, CANAL EVASION sur la RTG1 et le BHAT POWER SHOW d’un certain Régis Massimba aka le Quiz Master Régis sur TELE AFRICA.
A cause de la partialité de certains animateurs, SIYA PO’OSSI. X (7.0 symboliz) sort l’album « SEYOUGAM » (Magouilles en verlan) avec le titre évocateur « L’idiot de la radio », premier « diss track » du rap gabonais.
En 1995, c’est l’arrivée du D-ABUZ SYSTEM (groupe de rap français) à Libreville pour un concert. Cette même le public découvre un collectif underground baptisé BUCK DRAMA, composé de MOVAIZHALEINE, RABOON, ACID GANSTA, DIKAM, POETIK GANGSTAZ et ACID VOLCANIK qui débouche en 1996 sur un album du Clan, une compilation des différents courant qui traversent le Clan.
En 1997, c’est la sortie de la première compilation du hip hop gabonais « BANTOU MIX » du Studio KAGE PRO de GEORGE KAMGOUA. Cette compilation voit la participation de NANETH, ENCHA’A, PROFESSEUR T, etc. 97, c’est également la sortie du deuxième album de SIYA PO’OSSI. X « MAPANE GROOVE ACT 1 » avec le titre phare « TO KILL LAWANA » qui connaîtra un succès sans précédent, ce titre restant jusqu’à présent un des plus grands classiques du rap gabonais.
Le titre dénonce les méfaits du système : les détournements de fonds et l’excès de zèle de la corporation policière.
1997 c’est aussi l’émergence des artistes RnB dont le pionnier reste PFM qui chante l’amour avec son album Performance. Les 3MJ sont également dans la place avec le titre « Marino », un titre inscrit dans la tendance New Jack Swing avec un clip tourné aux Etats-Unis.
En 1998, SIYA PO’OSSI. X met dans les bacs « MAPANE GROOVE ACT 2 » avec le titre phare « VIVE LA VIE ». Cette même année, le crew CONSCIENCE NOIR de YVES SAINT, TITUS et FREDDY cartonnent et LE PROFESSEUR T lance sur la scène le style RAGGAMUFFIN alors que les noms de Big Joe et autres Kidman (culture bantoue) résonnent dans l’underground.
L’année 98 voit la naissance du groupe SECTA’A à la Cité de la caisse (CNSS). Transfuge du V2A4 (CONSCIENCE NOIRE, SECTA’A, TKO, CHEROKEE, etc.), le clan des vétérans.
C’est dans ce climat que sort l’opus intitulé NYABINGHI du collectif du même nom. On voit apparaitre de nouvelles individualités, Why Damaja, Lestat XXL, Iseehigh, aux cotés du déjà connu Movaizhaleine. Les années 2000 s’annoncent prometteuses.
L’année 2000 va être marquée par l’explosion du RABOON, avec le titre « AMOUR », puis le classique du RAP GABONAIS « VIE DE HAINE » aux cotés d’un activiste de la culture hip hop gabonais CHRISTIAN « DANGHER » NKOMBEGNONDO. Le groupe sera primé aux Hip Hop Award pour ce titre.
Le groupe inonde les scènes, radios et télévisions. Le groupe est rebaptisé LE RABOON PHENOMENAL avec TATE KOMBIL, BIBALOU NGANGA, FRANK BA’PONGA, AMOUR CLARA et DJ ZANGBETO.
Cette même année MOVAIZHALEINE se fait entendre via le hit AUX CHOZ DU PAYS qui deviendra un véritable hymne national chez les adeptes du hip hop au Gabon. Le RABOON PHENOMENAL ET MOVAIZHALEINE dominant alors la scène rap au Gabon.
A la demande populaire, on assiste au premier clash officiel du hip hop gabonais, concert d’anthologie qui opposera les deux groupes.
Toujours dans le courant 2000, le groupe SECTA’A sort de l’underground avec le maxi single SECTA’A (Où les cœurs se glacent), une autoproduction de 3 titres qui propulse le groupe parmi les 5 meilleurs groupe de cette année.
En 2001, parution de la compilation MEMOIRE VIVE de DIDIER DINGALT PING, avec des titres comme « LBV MON BLUES » de NANETH, la MAMA du rap gabonais classée n°3 sur COULEUR TROPICALE (RFI).Cette année voit également la sortie du premier album solo de NDJASSI NDJASS (MEMBRE ACTIF DU SIYA PO’OSSI. X) « AMBASSADEUR
Courant 2001, le groupe MOVAIZHALEINE sort « MISSION ACCOMPLIE REMIX » avec un featuring signé NANETH. Hit parmi les hits ! 2002 voit la naissance officielle du Crew HAYOE avec le titre LA CHRONIQUE classé dans les annales du hip hop gabonais.
Toujours en 200 le crew NEW SKOOL, parmi les pionniers de l’underground, sort enfin de sa tannière avec un rap street et revendicatif où les textes prennent une importance capitale. New Skool redonne un second souffle au rap gabonais en délaissant le coté festif pour dénoncer les inégalités sociales avec le titre « SI J’AVAIS DE LA MONNAIE ».
En 2003, c’est la montée des carrières solo. BA’PONGA avec le titre LES CHOSES DE FRANKY aux cotés d’un jeune encore inconnu nommé Black Koba. JODACRAZYBOY animateur radio se lance dans le jeu, aux cotés de B GOOD LE RASTA et Baponga ils commettent le titre SHOOTEZ… C’est également l’émergence du Rap traditionnel avec les crew LA COMMUNAUTEE BLACK, TECK B.
Cette année voit aussi l’organisation du SHOW du pays de MOVAIZHALEINE en duo avec DAARA J du Sénégal. Un record d’affluence à ce jour. Fin 2003, c’est la révélation du LABEL EBEN ENTERTAINMENT avec le titre HYMNE emmené par BA’PONGA, MASTA KUDI, KENNETH, SPIKE, CHEROKEE. Plus tard, le groupe obtient le kora « REVELATION DE L’ANNEE 2003 », l’Award du meilleur Crew de l’année, première consécration internationale d’un groupe de hip hop gabonais.
2004, les Mix-tapes se multiplient, et on voit arriver de plus en plus de nouveaux groupes et labels.
2005 Cette année voit la consécration (Meilleur rappeur africain)de BLACK KOBA au KORA MUSIC AWRDS face à DIDIER AWADI un dinosaure du rap sénégalais et africain, le label EBEN emporte tout sur son passage, une vraie folie.
EN 2012
Aujourd’hui Les adeptes de la culture hip hop se comptent par milliers, le rap gabonais est la musique la plus écoutée par la grande majorité des gabonais (12 à 40 ans).
Le tout inspiré et soutenu par une dynamique, celle des jeunes animateurs de Télé et Radio qui contribuent à promouvoir le rap gabonais qui est sans contexte le meilleur en Afrique.
Hommage à toutes ses émissions qui ont promu le rap gabonais.
A ses acteurs les plus actifs : ARCAD, STOWELL, DRED POL, MANGLEY, ARMAND AKAM, ANDRE OTTONG, REGIS MASSIMBA, JACKYS SKYZER, MALONE, HARLEY BORIS, KLAUS, DANGHER, ERIC BENQUET, JULES KANDEM, GEORGE KANGOUA, DIDIER PING, GASSITA, JEAN MARI PIANTONY.
Aux animateurs qui œuvrent quotidiennement à l’essor de cette culture : ELIJHA, WILBIZZ, YVES OYONO, KING JAY , LIONEL SYMPA, HARLEY BORIS, HEARLY, STEMPY LOVE OBAME, FRANCKY DE JAZZ MATAZZ, DJO DA KRAZY BOY , CALVINE.
CREDITS
Ont activement participé à cet article :
ZANG, FRANCK BA’PONGA, SECTA’A, YVES OYONO, DLK, FRANCKY, NDJASSI NDJASS.
Nos excuses pour les omissions, aucune histoire au monde ne s’écrit sans fautes ou sans ratures. Vivement que la suite de ceci soit un complément de notre RAP STORY ACT 3. Le rap gabonais est un conte, c’est en plusieurs parties qu’il peut se compléter. Seuls les grands repères vous ont été donnés ici.
CET ARTICLE EST DEDIE A :
A l’équipe LBVGROOVE.COM, aux correspondants lbvgroove.com, aux membres et visiteurs, à tous ceux qui de près ou de loin prennent part à l’évolution du hip hop gabonais.
Remerciements à :
Tous les biographes et rédacteurs à qui nous avons emprunté une partie de l’histoire


